Contrôlez l’impact climatique

Le changement climatique est reconnu par la communauté internationale politique et scientifique comme  » l’un des plus grands défis auxquels les nations, les gouvernements, les entreprises et les citoyens vont être confrontés au cours des décennies à venir » (introduction au standard ISO 14064).

La Suisse a décidé fin juin 2007, afin de respecter le protocole de Kyoto et la loi nationale sur le CO2, d’introduire la taxe CO2 sur les combustibles fossiles dès le 1er janvier 2008 (12 CHF / t CO2 en 2008, dont le montant sera progressivement ajusté à la hausse). Il est néanmoins possible, pour les entreprises qui le souhaitent, de convenir d’engagements de réduction formels avec la Confédération afin de bénéficier d’une exemption de taxe, sur la base de la consommation énergétique en 1990. Les dossiers sont examinés par la section climat de l’OFEV afin de déterminer les investissements consentis par les entreprises pour réduire leur impact climatique depuis cette date et déterminer ainsi leur potentiel de réduction dans les années suivantes. Les efforts de réduction sont mesurés en tonnes de CO2 équivalent, chaque tonne correspondant à un certificat. A titre d’exemple, si une entreprise s’engage à réduire ses émissions à 10’000 t CO2/an ses émissions et qu’elle atteint réellement 9’000 t CO2, elle bénéficiera d’un crédit de 1’000 certificats qu’elle pourra choisir de reporter sur le prochain exercice ou de vendre sur le marché d’échange des droits d’émission. Inversement, si elle dépasse son objectif de 1’000 t CO2, elle devra acheter des certificats supplémentaires sur le marché. Si au bout de la période d’engagement (2008-2012) une entreprise n’a pas atteint son objectif, elle devra payer la taxe CO2 rétroactivement pour chaque tonne de CO2 depuis l’exemption.s’acquitter de 12’000 CHF (12 CHF / t en 2008, dont le montant sera progressivement ajusté à la hausse).

Dans le secteur immobilier, la conversion du mazout au gaz permet de réduire l’intensité CO2 de 25% / kWh dégagé, la pose de panneaux solaires thermiques permet d’accroître de 30% le ratio de ces charges rapportées au budget de fonctionnement de l’immeuble.

Les enjeux identifiés dans le rapport Stern sont clairs : si rien n’est fait pour enrayer le changement climatique, la hausse des coûts associés à ses conséquences, notamment sur la distribution des ressources hydrauliques et agricoles au niveau mondial, représentera environ 5% du GDP (Gross Domestic Product) chaque année contre 1% si les actions sont entreprises dès aujourd’hui.

Certaines entreprises ont déjà saisi l’opportunité de réduire leur impact climatique et financier en montrant que le coût annuel l’exploitation du système de management de l’impact climatique est de l’ordre de 0.3% du chiffre d’affaires pour un gain annuel de 1.7% du chiffre d’affaires.

Un système de management de l’impact climatique repose sur un ensemble d’activités destinées à mesurer l’empreinte éco-climatique de l’entreprise, à établir et à mettre en œuvre un plan de réductions des émissions de gaz à effet de serre. L’état des lieux est établi au moyen du Bilan Carbone® qui traduit en émissions de carbone chacune des activités de l’entreprise. Les postes couverts concernent essentiellement l’énergie consommée, les émissions non énergétiques, le transport (marchandises et personnel), les matières premières, les immobilisations et l’utilisation des services ou produits vendus. Ce bilan permet donc de mesurer à intervalles réguliers l’évolution de l’impact climatique des activités de l’entreprise et d’entreprendre les actions basées sur le plus grand potentiel de réduction des émissions. Le suivi des actions est possible grâce aux outils de benchmarking et d’optimisation énergétique capables de réagir en temps réel aux anomalies constatées. Un système de management de l’impact climatique, à l’instar des systèmes de management de l’environnement, auxquels ils s’intègrent naturellement, s’amortit en l’espace de 2 à 3 ans.

En conclusion, l’infrastructure nécessaire au management de l’impact climatique existe bel et bien et mérite d’être exploitée à hauteur des risques que le changement climatique nous fait courir. La législation sur les énergies fossiles, les bourses carbone, les standards de vérification des émissions et les premiers résultats des entreprises qui ont fait le pari de réduire leurs émissions sont autant de leviers pour convaincre les entreprises de la plus-value durable d’une démarche de réduction massive des émissions de gaz à effet de serre. Winston Churchill disait « Donnez-nous les outils et nous finirons le travail ! ». Les outils sont désormais disponibles : agissons sans délai !

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